Les accords portent notamment sur le foncier, le cadre de coopération, le préfinancement des infrastructures publiques et la fourniture d’électricité, confiée à Tchadelec, ex-Société tchadienne d’électricité.

Le projet est porté par Laham Tchad, issu du partenariat entre l’État tchadien et Arise IIP, une structure spécialisée dans le développement et l’exploitation de zones industrielles en Afrique.

Les premiers travaux de terrassement ont débuté en août 2025. La zone n’est cependant pas encore opérationnelle et aucune date précise n’a été annoncée pour le démarrage des unités industrielles.

L’élevage au cœur du projet

Le secteur de l’élevage occupe une place importante dans ZINDJAM. Les documents prévoient notamment 280 hectares pour les parcs d’achat, la quarantaine et l’embouche des bovins, ovins et caprins.

L’objectif est de développer plusieurs étapes de la chaîne de valeur sur place, de l’achat des animaux à l’abattage, à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation.

Le projet vise également les marchés de la sous-région. Selon les données citées dans les publications consacrées à ZINDJAM, le Tchad compterait plus de 129 millions de têtes de bétail. La Commission économique pour l’Afrique indique par ailleurs que les pays de la CEEAC importent chaque année plus de 350 millions de dollars de viande et d’abats transformés.

Des retombées économiques attendues

Au-delà des infrastructures, le projet est présenté comme un levier de création d’emplois et de valeur ajoutée. Le programme porté par Laham Tchad prévoit, à terme, 45 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel estimé à 1 700 milliards de FCFA à l’horizon 2035. Les investissements annoncés atteignent 220 milliards de FCFA, auxquels s’ajoutent ceux destinés aux infrastructures de soutien.

« Un secteur industriel encore sous-développé »

Pour Temoua Habmon, proviseur du Lycée d’enseignement technique industriel de N’Djamena, la création d’une zone industrielle peut constituer une opportunité pour l’économie nationale, notamment en matière d’emplois et de création de valeur ajoutée.

« Je considère que le secteur industriel tchadien dispose d’un fort potentiel, mais reste encore sous-développé », estime-t-il.

Il souligne également l’évolution des habitudes de consommation. Selon lui, les Tchadiens sont « de plus en plus disposés à consommer local », ce qui pourrait créer des débouchés pour les entreprises produisant ou transformant localement.

Mais plusieurs contraintes persistent. « Les principaux défis sont le manque d’énergie et d’infrastructures, les difficultés de financement, mais aussi le manque de ressources humaines qualifiées », explique le proviseur.

Former les compétences nécessaires

La question des ressources humaines constitue, selon Temoua Habmon, un enjeu important pour accompagner le développement industriel. Les entreprises auront notamment besoin de techniciens et d’ingénieurs dans des domaines comme la maintenance, la mécanique, l’électricité et l’électronique.

Les besoins évoluent également avec les nouvelles technologies. « Les industries ont surtout besoin de compétences en maintenance, mécanique, électricité, électronique, mais aussi en digitalisation et automatisation », précise-t-il.

Le Lycée technique industriel cherche ainsi à adapter son offre de formation. « Nous travaillons justement à moderniser nos formations et à développer de nouvelles filières pour répondre aux besoins futurs de l’industrie », indique-t-il.

Pour l’heure, le projet ZINDJAM reste en phase de préparation, malgré le début des travaux de terrassement.