Gisele Othomi

Pour Chantal Memlelem Matel, c’est un projet d’assainissement de l’environnement, mais aussi un projet de survie personnelle.

Master  en droit professionnel des affaires en poche, elle a choisi de s’éloigner de son domaine de formation, pour se consacrer à la transformation de déchets en objets utiles pour le quotidien.

Chez elle, pneus usagés, bouteilles en plastique, morceaux de tissu ou encore bois négligés, retrouvent une seconde vie.

« L’activité que je mène permet de protéger l’environnement. Les bouteilles ne traînent pas, les pneus ne traînent pas pour constituer des nids de moustiques. » confie-t-elle au Studio Hirondelle Tchad.

De ces objets de récupération, naissent des poufs, des chaises, des tables et des objets décoratifs. Des créations qui témoignent d’un savoir-faire qu’elle développe depuis plusieurs années.

À travers cette œuvre, Chantal cherche aussi à dénoncer la transformation du continent africain en destination pour les déchets venus d’ailleurs, et surtout, faire évoluer le regard des tchadiens vis-à -vis des déchets.

« Le Tchadien n’a pas encore appréhendé la gestion des déchets et c’est mon combat. Aujourd’hui, à travers ma structure, j’arrive à changer la mentalité du Tchadien vis-à-vis de ces déchets. Mais moi, je qualifie ces déchets de richesse et d’opportunité d’emploi. »

En route pour Brazzaville

L’aventure de Chantal dans le domaine démarre en 2019, lorsqu’elle fait la rencontre d’une passionnée de décoration. Derrière celle-ci, elle découvre une autre manière de regarder les déchets, qui devient progressivement son gagne-pain, à travers Recycl Inov, l’entreprise qu’elle met sur pied. 

Son activité est aujourd’hui suspendue faute de moyens. Mais la volonté de Chantal de transformer les déchets en “opportunités d’emplois” lui a valu une sélection pour participer aux Journée de l’innovation du Bassin du Congo, prévus du 14 au 19 août prochain à Brazzaville au Congo.

Pour Chantal, cette sélection représente une première ouverture à l’international, mais aussi l’espoir de trouver des partenaires et des financements pour relancer son activité.

« C’est la première fois que j’irai à l’international présenter ce que je fais. Quand je parle de ça, j’ai la chair de poule. Cette sélection, pour moi, c’est le début d’une aventure planétaire. »

Mais pour concrétiser cette ambition, les obstacles restent nombreux. L’absence d’un local adapté et le manque de moyens financiers freinent encore le développement de Recycl Innov.

Malgré ces difficultés, Chantal reste convaincue d’une chose : les déchets ne sont pas seulement un problème environnemental. Ils peuvent aussi devenir une source de revenus, de créativité et surtout une opportunité d’emploi pour les femmes et les jeunes.