Foka Mapagne
C’est un après-midi triste pour Gamaigué Vadam Nagaoussou, surveillant général du Lycée Saint Joseph, un établissement secondaire du quartier Lama-Lama. Il est venu contempler les dégâts de la tempête qui s’est abattue la veille sur la ville, et qui n’a pas épargné son lycée. Les traces de la catastrophe racontent encore la violence du vent qui a balayé cette partie de la ville. En plein milieu de la cour, Gamaigué observe les restes de ce qui était encore il y a quelques jours, le magasin de l’établissement, et qui a été entièrement dévasté. Puis, il lève la tête, pointant du doigt la toiture d’un des bâtiments de l’établissement. Des tôles froissées, restées agrippées sur la charpente ont pu résister au vent.
Dans les rues du quartier, les débris jonchent encore le sol. Des tôles tordues, des branches cassées et des pans de murs effondrés rappellent que, pendant quelques minutes seulement, la tempête a bouleversé le quotidien de centaines de personnes, explique M. Gamaïgué. Comme dans cette concession, ou la barrière fraîchement construite s’est effondrée la veille de notre passage. Dans la cour, des jeunes tentent de redresser quelques tôles récupérées, avant de les passer à des charpentiers perchés pour tenter de reconstruire la toiture avant la tombée de la nuit.
Un courage que n’a pas eu Jean Gapili, revenu une énième fois visiter sa maison en cours de finition, qui s’est effondrée sous l’effet du vent il y a quelques mois. Au milieu des ruines, il peine encore à trouver des mots pour témoigner son calvaire. Les yeux presque larmoyants face aux dégâts, il dit avoir perdu une grande partie de ses biens dans la tempête.
Même si aucun bilan officiel n’a encore été communiqué, après avoir effectué une visite sur le terrain et rencontré les victimes des tempêtes, le maire de la ville de Bongor, Joseph Gargam Walana reconnaît l’ampleur des dégâts. Il regrette la destruction de la forêt communautaire située au Nord de la ville de Bongor qui servait de brise-vent et l’occupation de l’space par les habitants.
Afin de faire face à cette situation, le maire annonce son intention de lancer des opérations de reboisement sur un nouveau site. En même temps, il appelle également les populations à s’impliquer davantage dans la plantation et la préservation des arbres. Joseph Gargam Walana estime que ces actions constituent l’un des moyens les plus efficaces pour limiter les dégâts causés par les vents violents et renforcer la résilience de la ville face aux tempêtes.
