Rodrigue Le Roi Benga à Bangui

Au PK5 à Bangui, il n’est pas rare d’entendre parler l’arabe tchadien. Mahamat, installé à Bangui depuis près de trente ans, y détient une boutique de matériaux de construction.

« Je suis tchadien, mais aujourd’hui je me considère aussi comme centrafricain », confie-t-il. Arrivé à l’âge de 16 ans, il explique avoir fondé sa famille en Centrafrique et investi dans plusieurs activités commerciales. Pour lui, l’intégration s’est faite naturellement “Ici, il n’y a pas de différence entre Tchadiens et Centrafricains. Les affaires marchent bien et nous vivons ensemble sans problème”.

Dans le marché du PK5, les femmes tchadiennes occupent également une place importante. Derrière les étals de condiments, d’épices, de cosmétiques ou de viandes boucanées, plusieurs d’entre elles travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Chantal, commerçante, affirme avoir trouvé sa stabilité à Bangui. “Nous travaillons ensemble entre femmes, qu’on soit Centrafricaines et Tchadiennes. Ce pays, on l’aime beaucoup”, raconte-t-elle. Même si ses enfants vivent au Tchad, elle préfère rester en Centrafrique où, dit-elle, “tout se passe bien”.

Bangui pôle académique pour les tchadiens

Au-delà du commerce, la diaspora tchadienne est également présente dans les universités centrafricaines. Plusieurs centaines d’étudiants tchadiens poursuivent leurs études à Bangui, attirés notamment par la stabilité académique et les opportunités offertes dans le pays.

C’est le cas de Mahmad Zakaria, étudiant en sociologie qui a choisi de continuer sa formation en Centrafrique après les perturbations universitaires survenues au Tchad ces dernières années. « La République centrafricaine est un pays accueillant. Les étudiants centrafricains collaborent bien avec nous », explique-t-il.

Pour beaucoup, le séjour en Centrafrique reste toutefois temporaire. Leur ambition demeure de retourner un jour au Tchad afin de mettre leurs compétences au service de leur pays.

Les liens entre le Tchad et la Centrafrique apparaissent particulièrement forts dans ce quartier populaire de Bangui. Frontières communes, cultures proches et échanges économiques favorisent une cohabitation qui, selon les habitants rencontrés, se déroule dans un climat globalement apaisé.

En plus du commerce et des études, de nombreux Tchadiens travaillent également dans le transport routier et les ateliers de mécanique. Certains assurent les liaisons entre les villes centrafricaines et les pays voisins de la sous-région. S’il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de Tchadiens installés dans le pays voisin, plusieurs témoignages recueillis sur place montrent qu’ils sont nombreux à évoluer ces domaines cités ci-haut.