Nathalie Rassem

 

Sous un manguier de la cour familiale, le silence en dit long sur l’inquiétude qui habite les proches de Constantin, réunis autour de lui. Les discussions se font discrètes. 

Le jeune homme affaibli par la maladie sort de sa chambre, soutenu par son frère. Chaque mouvement semble difficile, tout comme articuler quelques mots. 

Son visage a subi une transformation, liée à la tumeur dont il souffre depuis quelques mois. Pourtant, il y a encore un an, rien ne laissait présager un tel bouleversement.

« Mon fils est rentré à la maison pour effectuer son stage. C’est à ce moment-là qu’il nous a signalé des douleurs au niveau de la mâchoire », raconte son père.

Les premiers examens révèlent alors la présence de kystes nécessitant une intervention chirurgicale. L’opération suscite l’espoir d’un rétablissement. Mais cette amélioration ne sera que temporaire.

« Après l’opération, il est retourné à l’université. C’est là que son état s’est aggravé », poursuit son père.

Depuis, le jeune homme lutte quotidiennement contre la maladie. Malgré la souffrance, il continue de nourrir un rêve : reprendre ses études.

« Ce qui me donne la force de continuer, c’est l’espoir de retourner un jour à l’université et de terminer ma formation », confie-t-il d’une voix faible.

Soins coûteux et mobilisation sur internet

Face à l’évolution de la maladie, les médecins recommandent désormais une évacuation sanitaire vers l’Europe afin qu’il puisse bénéficier d’une nouvelle intervention chirurgicale et d’un suivi spécialisé. Le coût de cette prise en charge est estimé à près de 53 millions de francs CFA.

« Nous avons déjà épuisé toutes nos économies lors de la deuxième opération réalisée à Douala en novembre dernier », explique son père.

Pendant ce temps, l’état de santé de Constantin continue de se dégrader. La maladie affecte désormais sa vision, compliquant davantage son quotidien.

Pour tenter de réunir les fonds nécessaires, une cagnotte a été lancée avec le soutien de l’athlète tchadien Casimir Betel, mais la cagnotte est encore insuffisante.

« Cette mobilisation nous redonne espoir. Nous recevons le soutien de nombreuses personnes, mais nous avons encore besoin d’aide », confie son père.

La cause de la tumeur de Constantin n’a pas été révélée, mais les experts expliquent que le traitement de ce type de tumeurs est difficile et indisponible au Tchad, surtout lorsque la maladie est à un état avancé.