Dans de nombreux centres de santé du pays, l’insuffisance des réserves complique la prise en charge des urgences médicales. Accidents de la circulation, hémorragies, complications liées à l’accouchement ou encore cas graves de paludisme nécessitent régulièrement des transfusions sanguines.
À Pala, une mère a récemment vécu cette situation lorsque son enfant a eu besoin d’une transfusion en urgence. Faute de sang disponible à l’hôpital, elle a dû solliciter plusieurs membres de sa famille pour trouver un donneur compatible.
« Il n’y avait pas de sang à l’hôpital et j’ai fait recours aux parents. L’enfant était dans un cas critique. Cela a mis quand même des heures avant que je puisse trouver cela à travers mes parents. Ça nous a tellement coûté. Il faut déplacer tout le monde. Ce n’était pas facile », témoigne-t-elle.
Comme elle, de nombreuses familles sont contraintes de rechercher elles-mêmes des donneurs compatibles lorsque les réserves sont insuffisantes.
Pour répondre à cette problématique, l’Association professionnelle pour la sécurité transfusionnelle au Tchad (APSTT) multiplie les actions de sensibilisation à travers le pays.
Selon son président, Seryabé Payang, l’association intervient sur les réseaux sociaux mais également dans les écoles de santé, les églises, les mosquées et plusieurs espaces communautaires afin de promouvoir le don volontaire de sang.
« La demande dépasse l’offre. Nous avons des réserves, mais elles ne suffisent pas toujours. Le plus grand défi se situe dans les provinces où certaines structures ne disposent pas des moyens nécessaires pour prélever et conserver le sang », explique-t-il.
Des préjugés qui persistent
Au-delà des difficultés logistiques, les acteurs du secteur doivent également lutter contre certaines idées reçues. « Au départ, nos bénévoles étaient parfois accusés de vendre le sang ou étaient assimilés à des vampires ou des sorciers. Grâce aux campagnes de sensibilisation, les mentalités évoluent progressivement », indique Seryabé Payang.
L’APSTT rappelle que le sang n’est ni vendu ni acheté. « Les frais parfois réclamés aux patients correspondent essentiellement aux examens biologiques et aux coûts techniques liés à la transfusion. » insiste il
Fidéliser les donneurs
Pour encourager le don régulier, l’association a récemment conclu des partenariats avec plusieurs centres de santé. À Pala notamment, les donneurs bénéficient d’une réduction de 20 % sur certains examens médicaux. « C’est une manière de remercier les donneurs et de les encourager à poursuivre cet engagement citoyen », souligne le président de l’association.
Objectif, 1 000 poches de sang à N’Djamena
Pour la célébration du 19 juin, l’APSTT ambitionne de collecter près de 1 000 poches de sang dans les dix arrondissements de la capitale, soit environ 100 poches par arrondissement. « Nous disposons d’un stock de sécurité destiné aux situations critiques. Mais lors d’accidents graves ou d’autres urgences, nous sommes parfois obligés d’y puiser », explique-t-il.
À travers cette campagne, les acteurs de la transfusion sanguine espèrent non seulement renforcer les stocks disponibles, mais aussi faire du don de sang un réflexe citoyen capable de sauver des vies.
