Nathalie Rassem
Selon l’appel d’offre, TchadElec recherche des entreprises basées au Tchad ou à l’étranger, capables de réaliser un marché divisé en deux lots, dont les travaux devraient durer 21 mois.
Le premier devrait aboutir à l’installation et la mise en service des lignes haute tension de 225 mille volts sur environ 160 kilomètres, entre Kousséri à la frontière avec le Cameroun, Gassi dans le 7ème arrondissement de Ndjamena, et et la ville de Guelendeng, près de Bongor, une autre ville frontalière avec le Cameroun.
Le deuxième lot du marché lui, consiste à construire un poste de transformation et de protection des lignes électriques concernées par la première phase, dans la ville de Guelendeng.
L’ensemble rejoint un projet qui sera mis en œuvre simultanément des deux côtés de le la frontière Cameroun Tchad. Il s’agit du Projet d’interconnexion des réseaux électriques du Cameroun et du Tchad (PIRECT). A terme, il doit permettre au Tchad de recevoir jusqu’à 100 mégawatts d’électricité du Cameroun.
Il représente un investissement d’environ 557,5 milliards de francs CFA financés par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Initialement prévue pour fin 2027, la livraison devrait en principe connaître un glissement de calendrier. On peut se projeter à fin 2028, début 2029, s’il n’y a pas d’autres retards.
Une capacité qui pourrait presque doubler l’offre électrique actuellement disponible dans le pays. Pour l’ingénieur énergétique Rochat Ngadandé, l’impact pourrait être important « ajouter les 100 mégawatts, c’est presque le double de notre capacité actuelle. Ce n’est pas un petit geste symbolique, c’est vraiment un changement majeur. » Mais il appelle aussi à la prudence. Car dans un pays où la population augmente et où les villes s’étendent rapidement, la demande en électricité devrait continuer à progresser. Selon les données disponibles, seulement 11 % des Tchadiens ont actuellement accès à l’électricité. Les 100 mégawatts attendus représentent donc un renfort considérable, mais ils ne suffiront pas à eux seuls à combler durablement le déficit énergétique au Tchad, insiste Rochat Ngadandé.
Moins de groupes électrogènes, plus de stabilité ?
Au total, 478 localités de part et d’autre de la frontière, dont 69 au Tchad, devraient être électrifiées. Le projet ambitionne ainsi de toucher environ 2,4 millions de personnes au Tchad. Aujourd’hui, une grande partie de l’électricité produite au Tchad dépend des groupes électrogènes qui fonctionnent avec du carburant. Ce qui expose le secteur aux fluctuations du prix du pétrole et aux pannes des équipements. Et pour l’ingénieur, cette nouvelle source ne devrait pas conduire le Tchad à abandonner le développement de ses propres capacités de production. Solaire, hydroélectricité et autres sources d’énergie devront continuer à être développés en parallèle.
Tout en renforçant le réseau local de distribution. « Si on n’investit pas dans la modernisation de ce réseau local, une partie de cette électricité importée risque de ne pas arriver jusqu’aux ménages. », explique l’expert.
