Au Mali, difficile d’ignorer l’engagement de Adam Dicko, une militante d’une trentaine d’années qui s’emploie à remettre en question des normes sociales profondément ancrées. À ses côtés, son époux Ousmane Maïga assume pleinement son positionnement, malgré les pressions.
« Il est très important que les hommes que nous sommes puissions faire face à la pression sociale, à la pression des pairs », explique-t-il. Selon lui, ces influences extérieures peuvent freiner l’émancipation des femmes, en dissuadant certains hommes de soutenir les initiatives de leurs épouses.
Conscient des stéréotypes encore présents, il plaide pour un changement de regard : « Cela ne doit pas être un obstacle pour tout homme moderne qui pense de manière juste à sa conjointe et à sa famille. »
Entre traditions et lente évolution
Au Tchad, Djimet Ndilbe un administrateur à la retraite engagé depuis plus de quarante ans aux côtés de son épouse, Ildjima Lokiam dans la défense des droits humains observe une transformation progressive, mais encore fragile, des mentalités.
Pour lui, le changement est inévitable, même s’il s’inscrit dans la durée : « Ce sont des petites différences qui ne vont pas s’éteindre demain, mais qui vont régresser doucement. »
Il insiste également sur la nécessité de mieux intégrer la voix des femmes dans les dynamiques sociales : « Nous, les hommes, avons montré nos limites. Il faut leur concours. »
Le dialogue comme levier de soutien
Pour Moktar Sy, époux d’Aminata Traoré, présidente de la Fédération malienne de taekwondo, le soutien passe d’abord par la communication. Dans un contexte où les résistances culturelles persistent, le dialogue au sein du couple devient essentiel.
« Une femme ne doit pas seulement rester à la maison », affirme-t-il. « Elle est une énergie positive qui doit être soutenue. » À ses yeux, l’épanouissement individuel des femmes dépasse le cadre familial : « Une femme qui atteint ses objectifs, c’est la nation qui réussit. »
Un engagement qui se traduit en actes
Au Niger, le docteur Aboubacar Hassane, enseignant-chercheur et époux de la colonelle Marie Zika, incarne un soutien concret, ancré dans le quotidien. Pour lui, l’accompagnement commence par l’écoute et le partage : « Cela me permet de comprendre comment l’accompagner dans ses activités. »
Mais son engagement va plus loin. « Il n’y a pas que des mots, il faut des actions », souligne-t-il, évoquant des gestes simples mais significatifs, comme accompagner son épouse dans ses déplacements professionnels. « Elle est une priorité pour moi », affirme-t-il sans détour.
Derrière ces parcours féminins engagés, ces hommes apparaissent comme des alliés discrets mais essentiels. Leur soutien, qu’il soit moral, logistique ou symbolique, contribue à fissurer des barrières sociales encore solidement ancrées.
