Gisele Othomi 


À Ardjebdjoumal, dans le 3ᵉ arrondissement de la ville de N’Djamena, la ‘’Ferme des Merveilles’’ s’anime dès les premières heures de la journée. Les chants des coqs et les piaillements des poussins attirent l’attention. 

A l’intérieur de la cour, se trouve trois hangars, étendu sur près de 120 mètres carrés dont chacun est dédié à une espèce spécifique. À l’entrée de chaque bâtiment, un dispositif de biosécurité permet de limiter les risques de propagation des maladies. « Ce dispositif s’appelle pédiluve. On met de l’eau et des désinfectants. Il faut tremper la semelle avant d’entrer, car les poulets sont très fragiles », explique Frédéric Mbaidedji Ndjenodji promoteur de la ferme.

Le premier hangar abrite une couveuse artificielle d’une capacité de 52 œufs. Des poussins de race Brahma, réputés pour leur taille imposante, viennent d’éclore. « Je tiens à vous préciser que cet œuf coûte 3 000 francs. Ce sont des œufs qu’on a commandés. Imaginez ce jeune Brahma, à ce moment-là, ça peut coûter même 5 000 francs. Parce que ce sont des races ornementales » nous confie-t-il.

À proximité, une poussinière maintient les jeunes volailles dans des conditions adaptées grâce à un système de chauffage. Ils sont gardés là pendant deux semaines avant de les remettre dans les éleveuses.

A deux pas de là, le deuxième hangar accueille des pigeons ainsi que de jeunes poulets. Le troisième, est consacré à plusieurs races de grande taille, dont les Brahma et les Goliath, encore peu répandues au Tchad.

Avant de se consacrer à l’aviculture, Frédéric Mbaidedji Ndjenodji a exercé comme journaliste. Il s’est ensuite reconverti pour développer cette exploitation, devenue aujourd’hui son activité principale. « J’ai toujours rêvé d’avoir une ferme. j’ai nourri l’ambition d’être à mon propre compte. Aujourd’hui, j’ai une valeur ajoutée que les gens n’ont pas », se targue le quadragénaire.

Comme de nombreux éleveurs, il fait face à plusieurs contraintes, notamment les coupures d’électricité qui perturbent le fonctionnement des couveuses, ainsi que le coût élevé des aliments et des autres intrants nécessaires à la production.

Il affirme avoir acquis ses compétences grâce à ses recherches personnelles, à l’expérience de terrain et aux échanges avec d’autres professionnels. Selon lui, la ferme fonctionne actuellement à près de 80 % de ses capacités et approvisionne plusieurs clients de la capitale en volailles et en œufs.

« Nous faisons l’élevage des cailles japonaises, qui sont des oiseaux aux œufs très diététiques, mais très peu connus des Tchadiens. Nous faisons l’élevage de deux types de poulets. Les poulets Goliath, qui sont des poulets issus du Bénin, et qui ont cette spécificité d’être très prolifiques. Une poule Goliath peut pondre jusqu’à 300 œufs par an. Deux mois et demi, elle peut faire 2 kg, 2,5 kg. Il y a les Brahma mais misons beaucoup plus sur les reproducteurs» informe-t-il. 

Au-delà de la production, la Ferme des Merveilles accueille également de jeunes passionnés souhaitant s’initier à l’aviculture.

Il ambitionne d’agrandir l’exploitation, d’augmenter sa capacité de production et de créer un centre de formation destiné aux futurs éleveurs. 

Aujourd’hui, la ferme des merveilles dispose d’environ 400 cailles, une centaine de pigeons et une cinquantaine de poulets. À travers ce projet, il souhaite contribuer au développement de la production avicole locale et encourager l’entrepreneuriat dans un secteur qu’il considère porteur face à une demande croissante en produits avicoles.