Entretien réalisé par Nathalie Rassem
Nathalie Rassem : pourquoi les yaourts que le ministère du commerce et de l’industrie a retirés du marché sont-ils impropres à la consommation ?
Yannick DJIMADJIM MBAIHODOUM : Lors de la fabrication du yaourt, le respect de la température est essentiel. Avant la préparation, le lait doit être chauffé à une température comprise entre 80 et 85 °C afin d’éliminer les microbes pathogènes susceptibles de provoquer des maladies. Si cette étape n’est pas respectée, ces micro-organismes peuvent survivre, altérer la qualité du produit, réduire sa durée de conservation et représenter un danger pour la santé du consommateur.
NR : Quels sont les principaux risques liés à la consommation d’un yaourt non conforme ?
YDM : Les risques sont principalement liés à la présence de micro-organismes pathogènes et au non-respect des caractéristiques physicochimiques du produit, notamment son pH. Le pH d’un yaourt de bonne qualité doit être compris entre 4 et 4,5, un niveau qui reflète son acidité et sa qualité microbiologique. Si cette valeur n’est pas respectée, le produit peut devenir impropre à la consommation et favoriser le développement de bactéries dangereuses.
NR: Quelles sont les personnes les plus exposées ?
YDM. : Trois catégories de personnes sont particulièrement vulnérables.
D’abord, les enfants dont l’organisme est encore en développement. Le yaourt est une source importante de protéines et de nutriments indispensables à leur croissance, mais un produit contaminé peut entraîner de graves complications.
Ensuite, les femmes enceintes qui ont des besoins nutritionnels accrus pendant la grossesse. Le lait étant considéré comme un aliment complet, sa qualité est essentielle pour la santé de la mère et le développement du fœtus.
Enfin, les personnes immunodéprimées, dont les défenses naturelles sont affaiblies. Chez elles, une contamination alimentaire peut avoir des conséquences plus graves.
NR : Quels symptômes peuvent apparaître après la consommation d’un yaourt contaminé ?
YDM. Les symptômes varient selon les personnes et leur état de santé. Chez les enfants notamment, les premiers signes sont souvent des vomissements, des diarrhées importantes et un risque de déshydratation.
Ces troubles peuvent être provoqués par des bactéries pathogènes, notamment les salmonelles qui n’ont pas été éliminées pendant la préparation.
Chez certaines personnes sensibles, la contamination peut également provoquer des réactions allergiques avec des démangeaisons ou des irritations cutanées, en raison de la présence de certains micro-organismes. C’est pourquoi, le respect des règles d’hygiène et des normes de fabrication est indispensable pour protéger la santé des consommateurs.
NR : Et quels conseils donneriez-vous aux consommateurs ?
YDM. Avant d’acheter ou de consommer un yaourt, il est important de vérifier le type de yaourt (entier, demi-écrémé ou écrémé), surtout en cas d’allergie ou d’intolérance. Contrôler la date de fabrication et la date limite de consommation. S’assurer que le produit a été correctement conservé au froid ; éviter tout yaourt dont l’emballage est gonflé, endommagé ou présente un aspect ou une odeur inhabituelle.
La vigilance du consommateur est essentielle, mais les fabricants doivent avant tout respecter les conditions de préparation afin de garantir des produits sûrs pour la population.
