Nathalie Rassem et Innocent Allahdimbaye Ngarhondé
Assises en cercle, les mains agiles, une dizaine de femmes échangent quelques mots tout en décortiquant les noix de karité. Elles sont toutes membres de la Coopérative des Femmes du Mandoul pour la Promotion du Karité (COFEMAK).
L’association regroupe plus de 700 femmes, Depuis plus de 20 ans, elles collectent et transforment ces noix de karité en beurre, en huile ou encore en savon.
Selon Djigamadji Masrabaye qui administre leur coopérative, l’objectif principal est de les autonomiser « Nous lutterons contre la pauvreté en améliorant les conditions de vie de nos membres grâce à la transformation du karité et de ses sous-produits ».
Pour pérenniser l’activité tout au long de l’année, ces femmes collectent les noix en saison pluvieuse, et les stockent pour pouvoir échelonner la transformation. M. Djigamadji explique que « grâce à cette transformation, certaines arrivent à inscrire leurs enfants à l’école, à nourrir leur famille et même à construire leur maison. ».
Créée en 2005, la COFEMAK a su se diversifier, passant d’un petit atelier artisanal à une organisation paysanne structurée. Elle embrasse aujourd’hui d’autres domaines de l’agriculture, mais aussi l’élevage, et aide les femmes à mieux porter leurs propres initiatives “Nous avons constaté que beaucoup de femmes avaient besoin de renforcer leurs compétences en leadership. Nous avons également formé des femmes venues d’autres provinces aux techniques de transformation des produits locaux”, explique l’administrateur.
Malgré ces résultats, la coopérative se heurte encore à de nombreux défis. Les équipements vieillissent, les infrastructures demeurent insuffisantes et les financements restent limités, freinant ainsi le développement de ses activités. « Avec une chaîne moderne de transformation, nous pourrions produire davantage et améliorer la qualité de nos produits » lance Djigamadji Masrabaye appelant les partenaires à la rescousse.
Au Tchad, les femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie, notamment dans l’agriculture, le commerce et les activités de transformation, selon l’Observatoire national du dividende démographique. Cette institution gouvernementale qui collecte et analyse des données sur la population, la santé, l’éducation et l’emploi, estime que cette catégorie de la population continue de faire face à des us et coutumes, et certaines législations, qui les empêchent d’avoir accès aux droits, aux services, au crédit et aux ressources productives.
