Selon ce rapport consulté par le Studio Hirondelle Tchad, le volume des nouveaux crédits accordés au Tchad a diminué de 22 % au premier trimestre 2026. Les banques ont octroyé 6 617 nouveaux crédits, contre 8 543 un an plus tôt.

L’enveloppe globale des crédits a également maigri, passant de 168 milliards à 117,2 milliards de francs CFA, signe d’une baisse de financement de l’économie tchadienne par les banques.

Les entreprises demeurent les principales bénéficiaires de ces financements. Sur les 117,2 milliards de francs CFA prêtés, plus de 100 milliards leur ont été destinés. Les particuliers, eux, n’ont reçu que 11,4 milliards de francs CFA, soit moins de 10 % du montant total.

Des crédits surtout accordés à court terme

Le rapport met également en évidence une forte prédominance des crédits de courte durée. Plus de huit crédits sur dix devront être remboursés dans un délai maximal d’un an.

À l’inverse, moins de deux crédits sur dix sont accordés à moyen ou long terme. Or, ce sont généralement ces financements qui permettent aux entreprises d’investir, d’acquérir de nouveaux équipements ou de développer leurs activités.

Avec un taux d’intérêt moyen de 10 %, les emprunteurs tchadiens restent toutefois mieux lotis que ceux du Gabon, où le coût moyen du crédit atteint 21 %.

Le Tchad toujours en bas du classement régional

Malgré ce niveau de taux, le Tchad demeure l’un des pays de la CEMAC où l’accès au crédit est le plus limité. Avec 117 milliards de francs CFA de crédits accordés au premier trimestre 2026, il ne devance que la République centrafricaine, qui a enregistré 41 milliards de francs CFA de nouveaux prêts.

L’écart est particulièrement important avec le Cameroun, où plus de 207 000 particuliers et entreprises ont obtenu un crédit en seulement trois mois, contre 6 617 au Tchad.

Pour la BEAC, cette combinaison de crédits coûteux, de financements essentiellement à court terme et d’un accès limité au crédit pourrait freiner les investissements productifs. Une situation qui risque de ralentir la création d’emplois, la diversification de l’économie et le développement du secteur privé.

Une baisse des taux directeurs annoncée par la BEAC

Au moment de la mise en ligne de cet article, le Studio Hirondelle Tchad a appris que la Banque des États de l’Afrique centrale  a décidé de réduire de 50 points ses taux directeurs.

Concrètement, les banques commerciales pourront prêter de l’argent à la BEAC à un taux de 5,75%, non plus à 6,25 % comme par le passé. C’est sur la base de ces taux directeurs que les banques commerciales calculent leurs marges bénéficiaires et décident sur le taux d’intérêt à appliquer pour leurs clients.

À terme, cette baisse pourrait contribuer à rendre le crédit moins coûteux pour les ménages et les entreprises même si son impact dépendra des décisions commerciales de chaque banque et du contexte économique.