Selon l’exécutif, 81 des 100 actions prioritaires annoncées lors de la campagne présidentielle de 2024 seraient aujourd’hui achevées ou en cours de mise en œuvre.

Ces engagements s’inscrivent dans les douze grands chantiers définis par le chef de l’État, couvrant plusieurs secteurs jugés stratégiques : sécurité, justice, éducation, santé, infrastructures, eau, énergie, agriculture, emploi des jeunes, gouvernance et cohésion nationale.

À travers le programme « Tchad Connexion 2030 », les autorités avaient notamment promis la construction et la réhabilitation de plus de 7 000 kilomètres de routes afin de désenclaver les provinces, ainsi que la mobilisation de près de 3 000 milliards de francs CFA destinés au financement des infrastructures et des projets sociaux.

Éducation, eau et énergie mises en avant

Dans le secteur éducatif, les autorités annoncent la construction de plus de 800 salles de classe, la distribution de sept millions de manuels scolaires ainsi que la mise à disposition de plus de 61 000 tables-bancs.

S’agissant de l’accès à l’eau, le gouvernement fait état de 653 points d’adduction d’eau réalisés, de 448 forages équipés de pompes motrices humaines et de 44 stations pastorales.

Dans le domaine énergétique, les autorités indiquent avoir installé 10 000 lampadaires solaires à N’Djamena et mis en service 27 centrales hybrides et solaires à travers le pays. Douze autres infrastructures seraient encore en phase de finalisation.

Malgré ces annonces, le Premier ministre reconnaît que plusieurs défis restent à relever.

« Certains secteurs enregistrent des avancées significatives, d’autres nécessitent une accélération plus soutenue », a déclaré Allah-Maye Halina, citant notamment la gouvernance, l’éducation ainsi que l’accès à l’eau et à l’électricité.

Le porte-parole du Mouvement patriotique du salut (MPS), Abdelnasser Garboa, appelle pour sa part à évaluer ce bilan sur le long terme. Selon lui, les grands projets engagés nécessitent du temps avant de produire des effets visibles.

« En deux ans, 81 actions sur 100 ont été touchées. Pour moi, c’est plus que satisfaisant », affirme-t-il. Interrogé sur la méthode utilisée pour établir les résultats avancés par les autorités, il explique qu’il s’agit, à ce stade, d’une auto-évaluation menée par les différents ministères.

« Le gouvernement s’auto-évalue chaque année (…) C’est la somme des bilans récoltés auprès des départements ministériels », précise-t-il.

Face aux critiques récurrentes sur les coupures d’électricité, Abdelnasser Garboa défend les efforts consentis dans le secteur énergétique.

« Les investissements dans le secteur de l’énergie ont été faits d’une manière massive », soutient-il, selon lui, les contraintes sécuritaires, en particulier les attaques de Boko Haram dans certaines zones du pays, ralentissent parfois la mise en œuvre des projets publics.

« Il y a des priorités qui s’imposent parfois à nous, notamment les questions sécuritaires », explique-t-il.

Un bilan contesté par certains observateurs

Ce tableau reste toutefois loin de convaincre tous les observateurs. Pour le politologue Evariste Ngarlem Tolde, les résultats annoncés par les autorités demeurent peu perceptibles dans le quotidien des populations.

« Tout est pratiquement à refaire », estime-t-il. Le politologue évoque une crise sociale persistante, marquée notamment par la hausse des prix des denrées alimentaires, les difficultés d’accès aux soins, les insuffisances du système éducatif et le déficit d’infrastructures.

« Les secteurs de la santé et de la justice sont pratiquement en crise », affirme-t-il. Selon lui, les principaux défis concernent toujours l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’emploi des jeunes ainsi qu’au développement des infrastructures routières.

« Quand on évoque le réseau routier, urbain ou interurbain, on a envie de verser des larmes », déplore-t-il. Il appelle également à un dialogue politique plus inclusif ainsi qu’à des mesures concrètes capables de répondre aux attentes sociales des populations