Foka Mapagne

L’esplanade de la maison de la femme grouille de monde. cet espace dédié à l’autonomisation, à la formation et à la protection des femme abrite durant cette semaine de dédiée à la femme, une série d’activités dont des séances de réflexions, et des expositions du savoir faire de la femme tchadienne.

Derrière son étal d’exposition, Hawa Falla Oumar, accoste, tout sourire, des passants à qui elle présente ses produits alimentaires, des produits transformés localement, des habits.

Mais derrière ce sourire se cache une réalité plus nuancée. Pour elle, vivre en ville ne signifie pas forcément vivre mieux.

Hawa Falla Oumar, dit éprouver des difficultés à maintenir une activité commerciale à N’Djamena. Pour elle, c’est un combat permanent. 

« Les femmes qui vivent en ville ne sont pas forcément mieux nanties que celles du village. Nous avons presque les mêmes difficultés. Les femmes rurales cultivent et travaillent la terre. Mais ici, nous fabriquons et vendons nos produits, cependant quand il n’y a pas de marché, il est difficile de s’en sortir », explique-t-elle.

Dans un autre coin de l’esplanade, sous un autre hangar animé, Neloumta Christiane, responsable d’une association sportive, se montre plus optimiste. Selon elle, la ville offre davantage d’opportunités aux femmes qui souhaitent s’engager et évoluer.

“Nous avons la chance d’aller à l’école et d’avoir d’opportunités de formations. Par contre au village, beaucoup de femmes se réveillent pour aller directement au champ et leur priorité est de trouver de quoi nourrir la famille ».

Cet aspect éducatif, estime Christiane, constitue une différence majeure entre les femmes rurales et urbaines. 

Assise dans un stand plus discret, Falmata Danambaye, devise avec des amies. Cette femme engagée dans la défense des droits des femmes insiste elle aussi que l’éducation est un facteur déterminant pour améliorer la condition féminine.

“La plupart des femmes en ville ont étudié. Elles savent revendiquer leurs droits, que ce soit dans les institutions ou au sein du foyer. Cela améliore leur condition par rapport à celles qui vivent au village”, explique-t-elle.

Pour Falmata Danambaye, les femmes doivent s’organiser et se mobiliser afin d’occuper pleinement leur place dans la société.

Au Tchad, des différences subsistent entre les femmes vivant en ville et celles des zones rurales, notamment sur l’accès à l’éducation, à la maîtrise de leurs droits, ou encore aux opportunités économiques.