Foka Mapagne
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui, près de la frontière avec le Soudan, prend en charge des personnes fuyant la guerre, a constaté des perturbations dans ses activités, selon Helen Ngoh, administratrice chargée de la communication du HCR à N’Djamena.
“Le guichet unique, point d’accueil et d’identification des réfugiés avant leur transfert vers des sites plus sécurisés à l’intérieur du pays, a temporairement suspendu ses activités”, a-t -elle confié lors d’une interview avec le Studio Hirondelle Tchad.
Elle souligne que malgré des dérogations faites pour les activités humanitaires, la fermeture de la frontière Tchad-Soudan, par les autorités tchadiennes, ralentit les opérations d’enregistrement et de prise en charge des nouveaux réfugiés.
Mais . « Malgré la fermeture officielle, des réfugiés continuent de franchir la frontière, fuyant la violence et l’insécurité au Soudan », a-t-elle poursuivi.
Depuis octobre 2025, renseigne la fonctionnaire des Nations Unies, plus de 30 000 personnes ont été enregistrées. Après l’annonce de la fermeture, au moins 200 autres ont traversé la façade Est du Tchad, notamment dans les provinces du Wadi Fira, du Ouaddaï et du Sila, à travers des localités comme Tiné et Adré.
Le 23 février, les autorités tchadiennes ont fermé jusqu’à nouvel ordre la frontière avec le Soudan. N’Djamena évoque des incursions répétées et des violations du territoire tchadien par les forces en conflit au Soudan. Le Tchad présente cette mesure comme une action préventive qui vise à éviter tout débordement du conflit soudanais sur son sol et à préserver la stabilité nationale.
D’après le HCR, depuis avril 2023 près de 900 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge au Tchad, exerçant une pression considérable sur des infrastructures déjà fragiles. De nombreuses familles vivent encore sous des abris de fortune, l’accès à l’eau potable demeure insuffisant, ⅔ des enfants réfugiés ne sont pas scolarisés tandis que les structures sanitaires manquent de moyens.
Les communautés hôtes, souvent elles-mêmes en situation de précarité, voient leurs services sociaux de base mis à rude épreuve. « Elles continuent pourtant de partager le peu qu’elles possèdent », salue Helen Ngoh.
À ce jour, le Tchad accueille environ 1,5 million de réfugiés de différentes nationalités. Si les autorités réaffirment leur engagement humanitaire, les acteurs présents sur le terrain rappellent que le pays ne peut affronter seul un défi d’une telle ampleur. Ils appellent à un soutien accru de la communauté internationale afin de préserver la dignité et l’espoir de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en quête de sécurité.
