Nathalie Rassem
Les tchadiens ont été choqués fin janvier, par la nouvelle du viol d’une fillette de 3ans au quartier Kamnda, dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djamena. Le présumé violeur ; un voisin âgé environ 40 ans.
Les images de la mère de la victime en larme ont fait le tour des réseaux sociaux, provoquant consternation et indignation au sein des organisations de défense des droits humains. « Je suis bouleversée. Chaque fois que j’entends qu’une fillette a été violé, je pense immédiatement à ce que cela signifie pour elle. Une innocence détruite, une dignité piétinée et un avenir marqué à jamais » se désole Régine Dion-Ouma Lelmbaye. La présidente du Conseil d’administration de l’association MAV, militante pour les droits des femmes et mère s’interroge sur les véritables motivations des auteurs. « Comment peut-on s’attaquer à un être aussi fragile ? » se lamente-t-elle avant d’estimer que par leurs actes, les auteurs de viol sur mineurs infligent une souffrance que tous les Tchadiens.
Dans le même mois de janvier, deux autres fillettes âgées entre 2 et 4ans ont subi des abus sexuelles à farcha dans le 1er arrondissement, à en croire les médias tchadiens. Les présumés violeurs sont placés sous mandat de dépôt à Klessoum.
Pour Régine Dion-Ouma Lelmbaye, chaque membre de la société a la responsabilité morale et légale de garantir la sécurité, la dignité et le bien-être des enfants.
Face à la l’insistance du phénomène ; Dr Mbaillassem Nadingar NDO propose pour sa part de questionner son origine. L’huissier de justice, commissaire-priseur pointe l’impunité qui encourage cette pratique. « Si aujourd’hui, un adulte viole un enfant et qu’au bout de trois, quatre mois, on le retrouve en liberté, cela ouvre encore d’autres portes de viols sur des mineurs », martelé-t-il.
Dans la vague d’indignation, la Commission Nationale des Droits de l’Homme dit suivre de près les aspects juridiques des dossiers afin que justice soit rendue aux victimes. Elle appelle aussi à la mobilisation de tous les acteurs de la société civile, des autorités publiques et secteur judiciaire afin endiguer ce fléau qui déshumanise la société tchadienne.
Lors de sa visite au chevet des victimes le 11 février 2026 à l’Hôpital de la mère et de l’enfant, la Ministre d’État en charge de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance, Kitoko Gata Ngoulou, a condamné ces actes. « Nous ne pouvons plus tolérer la culture de l’impunité. J’appelle chaque citoyen à dénoncer systématiquement ces actes barbares. Ensemble, nous devons briser le silence pour protéger les plus vulnérables » a lancé la ministre.
Pour elle, la protection des enfants ne peut être efficace sans une action concertée et durable. Elle passe par le renforcement des dispositifs légaux, l’application rigoureuse des sanctions contre les auteurs, la sensibilisation continue des populations ainsi que l’implication active des communautés.
