Nathalie RASSEM
Arc en main, carquois autour de la taille, Hallas Maria Martine Abaifouta répète les mêmes gestes: saisit une flèche, l’encoche sur la corde, fixe la cible et décoche. Les flèches se succèdent et viennent frapper la cible. En cette après-midi de mardi, la championne et ses coéquipiers s’entraînent sur un espace d’environ 70 mètres au stade d’habena.
« Je suis en train de m’entraîner parce que normalement on a une compétition en vue, mais rien n’est encore sûr quant à notre participation », explique t-elle.
La concentration, la respiration et le mouvement, un enchaînement indispensable pour réussir son tir. Pour Hallas, la jeune femme qui a fait du tir à l’arc une passion, il faut surtout de la précision pour atteindre ses objectifs.
C’est grâce à son frère aîné qu’elle découvre la discipline. « il m’a demandé de venir parce qu’une compétition se préparait. J’étais venu, pas avec l’idée de gagner, mais d’apprendre. Quelque temps après mon arrivée j’ai été sélectionné dans le groupe qui devait prendre part à la compétition. C’était en 2016 lors d’une compétition internationale qui regroupait l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest », se souvient elle.
Et déjà, elle glane ses premières médailles. « Ma participation à cette compétition, j’ai remporté 3 médailles en or dans la catégorie de 20 mètres, c’est ce qui faisait de moi la championne de tir à l’arc a cette distance. Et c’est à partir de ce moment que naît vraiment cette passion », renseigne l’archère.
Son parcours est celui d’une athlète qui doit concilier les exigences du sport avec les réalités du quotidien. Des heures d’entraînement, des déplacements, des compétitions et parfois des difficultés matérielles.
« Au début, mon parcours n’était pas vraiment facile, il y avait constamment un manque de matériels, ainsi que la non participation à plusieurs compétitions. Pourtant lorsqu’on est un athlète, il est essentiel de prendre régulièrement part à des compétitions pour progresser. Aujourd’hui par la grâce de Dieu j’ai acquis du matériel, et ce qui me permet aujourd’hui de poursuivre mes entraînements », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, elle reçoit le Prix d’excellence nationale de la jeunesse. Une distinction qui vient récompenser son parcours et ses performances réalisées au fil des années. un prix qu’elle dit recevoir avec fierté. Elle estime que cette distinction est le fruit des efforts au regard de ses années de travail et d’épreuves.
Dans une discipline encore peu connue du grand public tchadien, Hallas est convaincu que ses performances contribuent à donner de la visibilité au tir à l’arc. Portée par cette reconnaissance, la championne nourrit déjà une nouvelle ambition: celle de participer aux prochains Jeux olympiques de la Jeunesse.
Réunis à l’issue de l’entraînement, ses coéquipiers et ses encadreurs saluent avec fierté la distinction au prix de l’excellence nationale de la jeunesse.