Foka Mapagne avec Alkhali Mahamat Nour à Ati
Nous sommes Abou Achta, à 7 kilomètres du centre-ville d’Ati, chef-lieu de la province du Batha. Au bord du fleuve Batha, une dizaine de femmes s’active sous un soleil ardent.
Armés de pioches et arrosoirs, elles enchaînent les tâches dans leurs planchers maraîchers. Le gombo, les oignons, les tomates et la laitue qu’elles cultivent leur offrent non seulement un revenu, mais permettent également d’améliorer la diversité alimentaire de leurs familles.
« Ce qui nous fait vivre et nous met vraiment à l’aise, ce sont les travaux champêtres. Après les récoltes, lorsque le fleuve Batha entre en période de crue, nous répiquons les bérébérés (culture de contre saison, NDLR). Nous cultivons également le haricot. Cette année, nous avons obtenu une bonne récolte, assurant la survie de nos enfants. C’est ainsi que nous gagnons notre vie au village. » explique Habiba Hussein Adoum, la quarantaine.
Mais la culture maraîchère n’est pas la seule activité exercée ici. À main nue ou avec des outils rudimentaires, un autre groupe de femmes extrait du gravier destiné à la vente.
Habiba pratique également cette activité depuis plus de cinq ans, alternant entre ses planchers et l’extraction artisanale pour subvenir aux besoins de son foyer.
L’argent ainsi gagné sert principalement à acheter des ustensiles et à couvrir les dépenses essentielles du ménage.
Au-delà des gains personnels, l’activité scelle une solidarité entre ces femmes du monde rural « Quand l’une d’entre nous traverse une période difficile, nous partageons ce que nous pouvons. » Explique la quadragénaire.
Loin des festivités de la célébration du 8 mars, Habiba et ses camarades s’estiment oubliées des politiques publiques.
Non scolarisées pour la plupart, elles observent un contraste frappant avec les femmes urbaines : instruites, pratiquant le commerce, elles bénéficient de nombreuses opportunités et projets.
« Nous manquons d’éducation et nos enfants en pâtissent également. Mais nous remercions Dieu pour la vie que nous menons. Nous souhaitons simplement avoir accès aux formations et opportunités pour progresser. Nous avons la volonté d’apprendre », confie Habiba.
