Cindy Rayamta
Le cycle semble reprendre en ce début d’année 2026. Chaque année, entre janvier et mai, l’épidémie réapparait, selon les responsables du Ministère de la santé publique. Cela est favorisé par la saison sèche, constituée d’un air sec et poussiéreux propice pour la survie et la suspension du virus selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS).
Bien que les chiffres de l’année 2025 ne soient pas encore disponibles, l’Organisme des Nations Unies en charge de la protection de l’enfance, Unicef a rapporté 181 cas de la maladie durant les quatre premiers mois de l’année. Une année plus tôt, l’Unicef dénombrait 1021 cas, ce qui es plus du triple du nombre de cas enregistré en 2020 par exemple, rapportés par le Ministère de la Santé publique.
Couverture vaccinale
Selon Médecins Sans Frontières, la rougeole demeure l’une des principales causes de décès chez les enfants. Chaque année, des campagnes de vaccination contre la maladie sont organisées à travers le pays. Mais l’Unicef et l’OMS pointent du doigt l’insuffisance de la couverture vaccinale comme l’une des principales causes de cette montée en flèche des chiffres. Dans les zones reculées, plus d’un enfant sur trois n’a pas accès à la première dose du vaccin contre la rougeole. Pour la seconde dose, seul un enfant sur trois en bénéficie, laissant les deux tiers sans protection.
D’après Léonce Djonta Wadika, technicien supérieur en soins infirmiers, interrogé par le Studio Hirondelle Tchad, des résistances persistent au sein de certaines communautés. « Il y a des gens qui refusent de se faire vacciner. En s’exposant, ils exposent aussi les enfants qui les entourent », explique-t-il.
Qu’est ce qui transmet la rougeole ?
Selon les autorités sanitaires, la rougeole est une infection virale qui touche particulièrement les enfants âgés entre 0 et 5 ans. La transmission se fait principalement par l’éternuement, les virus étant logés dans les narines.Les symptômes caractéristiques incluent la toux, un écoulement nasal, ainsi qu’une conjonctivite souvent confondue avec d’autres affections oculaires. Médecins Sans Frontières indique que la maladie provoque une fièvre élevée pouvant dépasser 39°C.
Léonce Djonta Wadika explique que les enfants atteints de malnutrition et ceux immunodéprimés, notamment ceux nés de parents séropositifs, présentent un risque de contamination plus élevé. « Un enfant malnutri a une immunité diminuée. Il présente un risque de contracter facilement la maladie s’il évolue dans un milieu où le virus circule », précise le technicien supérieur en soins infirmiers. Le technicien tchadien signale aussi que « Dans un contexte de malnutrition, les plus vulnérables sont exposés à des complications graves ».
La vaccination comme réponse
Léonce Djonta Wadika indique que la vaccination demeure la seule mesure préventive efficace contre la menace. Elle peut être individuelle, en suivant le calendrier vaccinal du Programme élargi de vaccination, ou collective, lors des campagnes de masse organisées par l’État.
Le ministère de la Santé a mis en place un programme de doses de rappel visant à renforcer l’immunité des enfants déjà vaccinés. Les professionnels de santé appellent les parents à ne pas attendre les campagnes ponctuelles et à inscrire leurs enfants dans le calendrier vaccinal ordinaire.
