Nathalie Rassem et Cindy Rayamta Neloum

Au Tchad, la Constitution de la 5ᵉ République, promulguée en 2023, proscrit toute forme de discrimination et promeut la participation des femmes à la vie politique. À côté d’elle, une ordonnance de 2018 institue un quota de 30% de femmes dans les fonctions nominatives et électives.

A l’international, le Tchad a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Cependant, le Tchad demeure parmi les États africains à n’avoir pas encore ratifié le protocole de Maputo. Cet instrument juridique régional, adopté en 2004, est considéré comme l’un des plus avancés en matière de protection des droits des femmes sur le continent.

Ledit protocole couvre un large éventail de thématiques : égalité des genres, participation politique, accès à la justice, santé sexuelle et reproductive, lutte contre les violences fondées sur le genre, droit à l’éducation, à la propriété et à la dignité.

Une application contrastée sur le terrain

Dans le domaine de l’éducation, 43% des filles en âge de scolarisation sont inscrites à l’école, contre 60% des garçons, selon les statistiques de l’UNESCO.

Sur le plan économique, les femmes accèdent encore difficilement au marché du travail formel. D’après l’Indice africain de développement du genre publié en avril 2025, le Tchad se situe au 47ᵉ rang sur 54 en matière de bien-être et de droits des femmes.

Dans la sphère politique, les femmes occupent rarement des fonctions de premier plan. Jusque-là, aucune femme n’a exercé les fonctions de Présidente de la République ou de Première ministre au Tchad. Très peu ont été nommées gouverneures de régions.

Néanmoins, le pays compte 34% de députées femmes et 35% de femmes membres du gouvernement, des proportions qui approchent l’objectif fixé par l’ordonnance de 2018.