Foka Mapagne et Brahim Saleh Brahim (Mongo)
Les fortes précipitations enregistrées il y a quelques jours ont transformé plusieurs quartiers de Mongo en zones sinistrées. Dans le secteur 7, le domicile de Bani Gari est complètement envahi par les eaux. L’eau a pénétré jusque dans les chambres, détruisant meubles, vêtements et surtout des documents administratifs et familiaux.
« L’eau est entrée jusque dans les chambres à coucher. Tous nos documents ont été mouillés, même ceux que nous gardions depuis une trentaine d’années », témoigne-t-il, impuissant face aux dégâts.
Dans plusieurs zones situées en bordure de route, la situation est similaire : les habitations sont submergées. Et cela a obligé les familles à déplacer en urgence leurs biens vers des endroits plus sûrs ou à trouver refuge chez des proches.
Philippe Adoum qui a dû fuir dans l’urgence, décrit une situation devenue intenable depuis plusieurs jours. « Nous étions déjà inquiets dès le début du mois, car les caniveaux et passages d’eau étaient obstrués. Après la pluie de jeudi, nos maisons ont été complètement envahies. Nous souffrons énormément. Il n’y a presque plus d’endroit sec pour cuisiner ou dormir », confie-t-il.
Dans plusieurs secteurs de la ville notamment les secteurs 1, 2, 6, 7 et 9 les premières estimations des autorités locales font état d’au moins 150 ménages affectés.
Si les rues ont été transformées en marécages, la circulation est devenue presque impossible. Certaines familles passent la nuit à la belle étoile, tandis que d’autres sont accueillies en urgence par leurs voisins.
Les habitants pointent du doigt des problèmes structurels persistants notamment l’absence de caniveaux fonctionnels, l’insuffisance des systèmes de drainage et le manque d’entretien des ouvrages existants. Pour beaucoup d’habitants, ces inondations ne sont pas seulement le résultat des pluies, mais celui d’une urbanisation mal maîtrisée par les autorités locales.
« Nous demandons au gouvernement d’agir rapidement pour trouver des solutions durables, notamment l’aménagement des routes et l’amélioration de l’écoulement des eaux », plaide un habitant.
Alors que la saison des pluies ne fait que commencer, les populations de Mongo redoutent déjà de nouveaux épisodes similaires. Entre urgence humanitaire et crise d’aménagement urbain, la situation met en lumière la vulnérabilité persistante des villes face aux intempéries au Tchad.
Selon les prévisions de l’Agence nationale de la météorologie, l’ANAM, la ville de Mongo fait partie des zones qui doivent s’attendre à des pluies normales ou un peu plus, avec un risque accru d’inondations au cours de cette saison.
