FOKA MAPAGNE
La douane, placée sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget, joue un rôle central dans les finances publiques. Elle intervient dans la collecte des recettes, le contrôle des marchandises aux frontières ainsi que la lutte contre les trafics illicites. À l’occasion de la Journée internationale de la douane, célébrée le 26 janvier 2025 à Moundou, les autorités ont rappelé l’objectif de mobilisation de plus de 300 milliards de francs CFA de recettes d’ici 2026.
Le secrétaire d’État aux Finances et au Budget, Ali Djedda Kampar, a souligné l’importance du rôle de la douane dans la lutte contre la contrebande et la criminalité économique, appelant les agents à renforcer les contrôles.
Selon le directeur général des douanes et des droits indirects, Ousmane Brahim Djouma, les ‘’recettes prévues par la loi de finances 2025 ont été dépassées, avec un taux de réalisation de 127,19 %.’’ Ces résultats sont attribués par l’administration aux réformes engagées ces dernières années, en particulier au déploiement progressif du système SYDONIA World, utilisé depuis près de quatre ans.
D’après les autorités douanières, ce système permet d’améliorer la traçabilité des marchandises, de limiter les fraudes et de sécuriser les recettes de l’État.
Sur le terrain, certains usagers relèvent toutefois des difficultés persistantes. Au port sec de Nguéli, à N’Djamena, des transporteurs évoquent des délais de dédouanement jugés longs, malgré l’introduction du suivi des camions par GPS.
Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels routiers du Tchad, Mahamat Sali Nassour, affirme que certains camions peuvent attendre jusqu’à cinq jours avant la finalisation des procédures de dédouanement, ce qui, selon lui, a un impact sur les coûts du transport et la circulation des marchandises.
Pour Justin Dérambeté, chef de la division de la planification et des réformes, ces retards ne sont pas uniquement liés au système informatique. Il évoque notamment ‘’des déclarations incomplètes ou incohérentes de certains opérateurs économiques, une maîtrise variable du système par les agents, ainsi que la coexistence de procédures manuelles et numériques.’’
Selon l’administration, la modernisation en cours vise à améliorer le suivi des opérations douanières et la gestion des recettes, tout en renforçant la transparence du dispositif.
