Gisèle Othomi
Dès l’extérieur de la salle maman Ildjima, les notes de piano, guitare, de la batterie et de la trompette, attirent l’attention. A l’intérieur, de cette salle du campus du quartier Sabangali, six étudiants de Chad Jazz Education sont assis, chacun devant son instrument de travail.
Chacun tente de reproduire les exercices proposés par le formateur du jour, Fidele Diraïngué. Lui-même ancien étudiant de l’académie Ronel Jazz, il circule entre les étudiants. Il observe, écoute attentivement et corrige les gestes. Par moment, il s’arrête pour donner des orientations.
Pour Fidele Diraïngué, l’apprentissage commence par la maîtrise des fondamentaux. Ces séances sont consacrées à l’acquisition des techniques de base, pour permettre aux étudiants de progresser et de mieux maîtriser leurs instruments de la musique jazz.
« Notre rôle, c’est juste de les aider à acquérir un certain nombre de connaissances. Par exemple, comprendre c’est quoi le swing, c’est quoi la batterie en jazz. Donc, dès qu’ils seront avec leurs enseignants, ils ne se perdront pas », fait-il savoir.
Selon lui, la batterie constitue un élément essentiel dans la pratique du jazz. Le batteur doit être capable de maintenir le rythme tout en restant attentifs aux autres instruments. Une coordination qui nécessite selon Fidel, une grande concentration et une bonne écoute.
« En jouant, les autres comptent vraiment sur le batteur. Mais, si lui n’arrive pas à maîtriser le thème ou la structure, ça sera compliqué. Parce qu’il fera que les autres entrent en désordre. Donc, la meilleure façon, c’est de compter », ajoute le formateur.
Du côté des étudiants, intégrer Chad Jazz Education, représente une occasion d’améliorer leur niveau et d’approfondir leurs connaissances musicales. Mais au-delà de l’apprentissage, certains espèrent perfectionner leur pratique, tandis que d’autres voient dans cette initiative une possibilité de développer leur talent et de poursuivre une carrière dans la musique.
« Nous avons commencé la musique dans le tas, mais Chad Jazz Education va nous aider à aller plus loin dans la musique et aussi à faire de la musique comme notre carrière pour impacter d’autres vies », laisse entendre un étudiant.
L’objectif derrière Chad Jazz Education, c’est de contribuer au développement de la musique dans le pays. Son promoteur Djimradé Kommandoh confie que l’idée c’est de mettre en place un cadre permettant aux passionnés d’apprendre, de pratiquer et de progresser, tout en favorisant l’émergence de nouveaux talents.
« Nous avons choisi le jazz, parce que c’est la mère de toutes les musiques actuelles. Donc, commencer par le jazz, c’est leur donner les outils nécessaires pour découvrir toutes les musiques que nous consommons aujourd’hui », souligne le promoteur.
Chad Jazz Education ouvre ses portes avec cinq salles de classes équipées en matériels de musique. La formation de la première vague se déroulera sur une durée de trois ans.
