Cindy Rayamta & Jean-Claude Tchédjolbé
Cette fois est-elle la bonne ? C’est la question sur toutes les lèvres, chez les habitants des quartiers EGTH et Coton Tchad dans le premier arrondissement de Pala.
Depuis quelques semaines, ils vivent au rythme des vrombissements de camions bennes, bulldozers, Caterpillar, niveleuses et compacteurs, qui ont repris les travaux de bitumage de cet axe, que le ministre des Infrastructures a qualifié de “très politisé” lors d’une récente visite.
Calvaire des populations
Le redémarrage de ces travaux n’est pas, pour le moment, la fin du concours de patience pour les populations.
A l’exemple de Abba Rouna, un habitué de cette route. Lorsque le reporter du Studio Hirondelle Tchad le rencontre, il vient de débarquer d’un véhicule de fortune, dans une agence de transport située au centre-ville de Pala.
Recouvert de poussière, il explique qu’il lui a fallu 5h de temps pour rallier les villes de Kelo et de Pala, distantes d’une centaine de kilomètres.
Comme lui, Nodjigoto Yolande, commerçante, estime que les conséquences de l’état de cette route affectent particulièrement les femmes.
« Surtout les femmes qui transportent des denrées périssables entre Pala et Kélo. Fréquemment, les marchandises se détériorent en cours de route, ce qui compromet le développement économique et l’autonomisation des femmes », confie-t-elle.
Chantier stratégique
Longue d’une centaine de kilomètre, la route Pala – Kélo est un axe stratégique. Elle devrait permettre de désenclaver le Mayo Kebbi Ouest, considéré comme l’un des bassins agricoles majeurs du pays.
L’axe doit aussi connecter le Sud du Tchad au Cameroun voisin, par lequel de nombreuses marchandises transitent chaque année.
Cofinancé par la Banque de développement des Etats de l’Afrique Centrale et l’Etat du Tchad, le projet est doté d’une enveloppe d’environ 71 milliards de Francs CFA.
Les travaux, lancés en 2017, ont connu plusieurs arrêts. Les autorités évoquent principalement des retards de décaissement des fonds, des difficultés techniques ainsi que l’impact des intempéries.
Le nouveau délai de livraison est désormais fixé à 20 mois, soit une finalisation prévue pour septembre 2027. Lors de sa visite sur le site début janvier, le Ministre des Infrastructures a exhorté les équipes techniques à multiplier les effectifs et à renforcer la coordination avec les autorités locales.
