Nathalie Rassem
Selon le décompte du Studio Hirondelle Tchad issu des témoignages, au moins quatre (4) villages ont été touchés par les affrontements entre les Forces armées tchadiennes et les rebelles le 13 janvier dernier dans le département de Korbol.
Ces affrontements ont causé le déplacement de nombreux civils, notamment des femmes et des enfants, confient des témoins.
Le Studio Hirondelle Tchad n’a pas réussi à établir le nombre exact de déplacés, mais les témoins qualifient la situation d’« inquiétante ».
Un jeune qui a trouvé refuge à Sarh suite au conflit explique que « Certains ont quitté Niou, Karba, d’autres Nilem et le Chari-Baguirmi. Beaucoup souffrent ».
Il poursuit « il était devenu difficile de sortir chercher à manger à cause de cette situation. Ils ont interdit la traversée du fleuve. Ceux qui circulaient à moto ont vu leurs engins emportés. Je ne sais pas pourquoi ».
Il déclare avoir vu dans la ville de Sarh, plusieurs déplacés venant de Korbol, principalement des enfants, des élèves et des femmes, effrayés par des tirs d’armes.
Le jeune homme s’inquiète de l’impact des affrontements sur les habitants des villages concernés. « Les salles de classe ont été incendiées. Comment les enfants vont-ils reprendre les cours ? Même les enseignants ont pris la fuite. La situation est compliquée. ».
Le Studio Hirondelle Tchad a pu consulter plusieurs séquences ayant circulé sur les réseaux sociaux, montrant des habitations et des bâtiments présentés comme des écoles en flamme. Des séquences dont nos équipes n’ont pas pu situer le lieu exact de tournage, bien que qualifiées de réelles par des témoins.
Conditions de vie précaires
Également déplacé à Sarh, KABO GUALI, le chef du village de Wagne, l’une des des localités ayant vécu ces affrontements, parle de nouvelles conditions de vie difficiles pour les déplacés.
« Ils sont accueillis par des parents ou des connaissances… Ils sont arrivés sans draps, sans moustiquaires, exposés au vent et au froid. C’est une grande souffrance pour la population. Si l’État pouvait apporter une aide, notamment alimentaire, ce serait important pour permettre à ces populations de survivre et de se réfugier dans de meilleures conditions ».
Le département de Korbol a été le théâtre, le 13 janvier 2026, d’affrontements entre l’armée et les rebelles du MPRD. Le bilan officiel fait état de 3 décès côté militaires tchadiens, mais les autorités n’évoquent pas les pertes côté rebelles.
Selon le Délégué Général du Gouvernement auprès de la province du Moyen Chari, c’est une opération de désarmement qui a mal tourné.
Abdraman Ahmat Bargou a expliqué lors d’un point de presse que tout a commencé lorsque des forces militaires tchadiennes sont entrées à Korbol.
Avec elles, deux sous-préfets et un chef de canton. Objectif, demander aux rebelles du MPRD présents dans la zone depuis une vingtaine d’années, de déposer les armes.
Mais la mission a vite tourné à l’affrontement. Ce sont les rebelles qui ouvrent en premier le feu, explique le Délégué lors de son point de presse.
De son côté, Luc Beyam, le secrétaire général du MPRD, affirme chez nos confrères de RFI que son groupe a réagi à une tentative d’encerclement de leurs positions par les forces gouvernementales.
