Il est 10 heures, au quartier Djambal Bahr, à N’Djamena. Ibrahim Abdallah Bakhit rejoint son bureau. À peine installé, il doit déjà revenir sur une course qui n’a pas abouti. Al Nour, l’un de ses conducteurs, a reçu une commande, mais le client l’a annulée avant même le début du trajet.
« Quelqu’un a commandé une course. J’ai voulu partir le chercher, mais la personne a annulé. J’ai essayé de la rappeler, en vain », raconte le conducteur.
Pour Ibrahim, il s’agit aussi de comprendre les difficultés rencontrées sur le terrain. Car pour les conducteurs comme pour les passagers, l’utilisation de cette application reste nouvelle.
Une idée née au Soudan
Informaticien spécialisé dans le développement de logiciels, Ibrahim Abdallah Bakhit mûrit son projet depuis plusieurs années. L’idée lui vient après avoir découvert des applications similaires a Khartoum. Il commence à développer SafeClando il y a environ un an et demi, avec l’ambition de proposer une nouvelle façon de se déplacer au Tchad.
« Ce qui m’a poussé à créer cette application, c’est l’envie de révolutionner le transport au Tchad, en facilitant les déplacements et en faisant gagner du temps », explique-t-il.
La phase d’essai débute au début du mois de mars avec neuf conducteurs actifs. Environ 200 personnes avaient alors installé l’application, dont 60 à 70 utilisateurs actifs. Depuis, Ibrahim a renforcé sa communication sur Facebook, où la page de SafeClando compte près de 11 000 abonnés.
Une course en un clic
Le fonctionnement se veut simple : le passager ouvre l’application, indique sa destination et envoie sa demande. Les conducteurs disponibles peuvent alors accepter la course. Le tarif annoncé est de 170 francs CFA par kilomètre. Une fois la commande acceptée, elle disparaît de l’application pour les autres conducteurs.
La plateforme compte désormais 27 chauffeurs, selon son fondateur. Al Ayoub est le premier à avoir rejoint l’aventure. Depuis son inscription, il a reçu une dizaine de commandes. Mais certaines n’aboutissent pas. «Des clients annulent après avoir m’avoir fait déplacer en expliquant qu’ils voulaient simplement tester l’application, certains éteignent leur téléphone. Malgré ces difficultés, les premiers retours restent encourageants.»
La sécurité au cœur du projet
Au-delà de la commande à distance, Ibrahim veut également répondre aux préoccupations liées à la sécurité. Les passagers et les conducteurs doivent fournir une pièce d’identité officielle lors de leur inscription. Pour les chauffeurs, la vérification porte aussi sur le permis de conduire et la moto.
« La sécurité reste notre principal défi, aussi bien pour le passager que pour le conducteur », souligne le fondateur. Développer le réseau de conducteurs, attirer davantage de clients et améliorer le service : les défis restent nombreux pour SafeClando. L’application doit surtout parvenir à s’installer dans les habitudes des N’Djaménois, dont beaucoup continuent de solliciter directement les conducteurs dans la rue pour se déplacer.
