Gisèle Othomi
Quartier Béguinage, dans le deuxième arrondissement de la capitale, Haoua y est devenue un point de référence. A l’angle d’une ruelle, elle est assise à l’ombre d’un arbre. Devant elle, une table en bois recouverte de bâche, servant d’étal pour des morceaux de viande de chèvre et bœuf qu’elle vient de finir de disposer.
Ce dispositif est la seconde étape de sa journée de travail. Chaque matin, elle se rend à l’abattoir de Diguel Dinguessou, l’un des grands abattoirs, situé dans le huitième arrondissement, pour se ravitailler. Pour se faciliter la tâche, s’est attaché les services d’un conducteur de mototaxi. C’est ce dernier qui transporte la plus grosse partie de la cargaison. Malgré son statut de femme, Haoua a su braver le regard de son entourage et s’est faite une place dans un secteur ou les femmes sont peu nombreuses.
« Ça fait déjà 35 ans aujourd’hui que j’exerce cette activité. Avant nous étions à côté du garage, lorsque les gens commençaient à construire nous sommes venus à côté de la voirie. Même là, on nous a renvoyé. Maintenant nous avons trouvé ce petit coin ici à côté du bureau des sapeurs-pompiers ».
Trois décennies au cours desquelles elle a acquis une parfaite maîtrise des gestes de son activité et s’est constitué une clientèle, en se spécialisant dans la vente de viande de chèvre.
« C’est la préférence des clients. Je vends aussi de la viande de bœuf mais en petite quantité et ce n’est uniquement du filet et des rognons », explique-t-elle.
Haoua explique que ce sont les circonstances de la vie qui l’ont poussé vers la boucherie. Aujourd’hui, ce petit commerce constitue sa source de revenus. Les bénéfices lui permettent de nourrir ses enfants et même de les inscrire à l’école.
Mais dans une activité ou la denrée est périssable, elle est parfois obligée de composer avec certains aléas. Notamment des invendus, causés par une rareté des clients. Sa stratégie à elle dans ces circonstances : vendre à crédit à ses clients fidèles, ou conserver la viande sous la glace afin de vendre le jour suivant.
Aujourd’hui avec l’âge, Haoua continue de venir tous les jours derrière son étal. Son souhait est de bénéficier d’aide afin de poursuivre son activité.
