3430. C’est le nombre d’armes saisies en 3 mois, dans le Wadifira, le Sila, le Ouaddaï et l’Ennedi-Est. Le 17 septembre, le Commandement général de la Force mixte tchado-soudanaise est monté au créneau pour faire le point des opérations de fouille dans l’Est du Tchad, précisant qu’une importante quantité de munitions a été saisie, sans donner plus de précisions.
Les opérations de fouille comme celle-là se multiplient depuis le début de l’année. Une précédente opération, dans le Ouaddaï tout seul, a permis d’intercepter un total de 74 armes, 28 chargeurs, deux roquettes et 631 munitions.
Alors qu’ en janvier, une opération similaire a abouti à la saisie de 163 armes dans le Salamat. 247 armes récupérées auprès de civils dans le Moyen-Chari. Le 15 août, dans le Chari-Baguirmi, une opération a permis de récupérer 15 armes à feu, dont six AKM et cinq pistolets automatiques.
Ces chiffres correspondent à des opérations distinctes et ne constituent pas un bilan national. Ils montrent néanmoins l’ampleur des armes récupérées dans plusieurs zones du pays.
Des conflits aux violences du quotidien
Les armes saisies sont retrouvées dans des contextes variés. En mars 2026, à Seta, dans le Chari-Baguirmi, un conflit autour d’un point d’eau a fait cinq morts. Après les affrontements, trois armes de guerre et 44 armes artisanales ont été récupérées.
Les armes sont également impliquées dans des affaires de banditisme. Dans la zone de Haraze-Mangueigne, plusieurs présumés braqueurs ont été interpellés et des armes de différents calibres saisies.
Mais leur utilisation ne se limite pas aux conflits ou à la criminalité. En novembre 2025, à Amdirib, dans le Batha, un tir de réjouissance lors d’un mariage a tué le marié. En août 2026, une fusillade à Ab Ragna, dans la même province, a fait quatre morts.
Qui peut détenir une arme au Tchad ?
Au Tchad, un civil ne peut pas détenir ou porter une arme de guerre. La détention et le port des armes civiles sont également soumis à des autorisations délivrées par les autorités compétentes. La possession ou le port d’une arme sans les autorisations requises peut entraîner sa saisie et des sanctions prévues par la réglementation.
Après les saisies, des armes difficiles à tracer
Une fois récupérées, les armes sont placées sous la responsabilité des services compétents, notamment lorsqu’elles sont liées à une procédure judiciaire ou sécuritaire.
Pour les munitions, des opérations de destruction sont documentées. En janvier 2026, plus de deux tonnes de munitions ont notamment été détruites à Abéché.
Pour les armes à feu, en revanche, les informations publiques disponibles ne permettent pas de déterminer précisément combien sont détruites, conservées ou utilisées comme pièces dans des procédures judiciaires.
