Cindy Rayamta

Le document élaboré sous la coordination de la direction des ressources humaines, de la formation et de la performance du Ministère de la santé publique, révèle que le pays emploie 12 795 agents de santé au total, répartis dans 66 catégories professionnelles.

On y apprend que le secteur public est le principal employeur, et emploie 88% de ce personnel formé.

A côté de ces 12 795 agents actifs, 4 513, bien que formés, n’exercent pas leur métier, et les infirmiers diplômés d’État (IDE) sont les plus touchés. 

Cette catégorie représente une ressource humaine formée de 2 824 au total et 1 049 d’entre eux sont au chômage. 

Les autres catégories de personnels de santé, à savoir les médecins, sages-femmes de niveau intermédiaire, et techniciens de laboratoire représentent 3 458 des 4 513 chômeurs.

La principale raison c’est que le rythme des recrutements de l’État ne suit pas celui des sorties des écoles de formation. Entre 2020 et 2024, le gouvernement a embauché 5 304 agents au total. Alors que son propre plan sanitaire fixe l’objectif à 2 500 recrutements par an. 

Déserts médicaux

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fixe un seuil minimal de 2,3 à 4,5 médecins, infirmiers et sages-femmes pour 1 000 habitants afin d’assurer les soins de santé primaires. 

Mais le Tchad compte une densité nationale d’un seul médecin, infirmier ou sage-femme pour 2 500 habitants selon l’Analyse du Marché du Travail en Santé au Tchad. 

Bien que déjà déficitaire sur le plan global, la répartition sur le terrain du personnel de santé est loin d’être équitable.

Pour les infirmiers diplômés d’État (IDE), le déficit risque de se creuser davantage dans les 15 prochaines années. Les besoins pour cette catégorie de personnel vont alors plus que tripler, passant de 2 824 actuellement à 12 521 en 2040, prévient l’analyse du marché du travail en santé. 

La même tendance s’observe chez les sages-femmes diplômées dont le besoin connaîtra une augmentation de 365%, avec un déficit qui cumulera à presque 7000 agents, contre 1440 en 2025. 

Les déficits les plus importants sont observés actuellement dans les provinces du Logone Oriental et du Logone Occidental. Pour les médecins, c’est aussi le Logone Oriental qui souffre le plus, avec 84 médecins manquants. Le Mandoul en manque 71.

À l’opposé, les provinces de N’Djamena, de l’Ennedi Est, de l’Ennedi Ouest, du Tibesti et du Borkou ont des besoins moins urgents.

Mais cela ne signifie pas qu’elles ont assez de soignants. A en croire le rapport, mis à part N’djamena, le nombre de médecins pour 1000 habitants, rapporté à la densité de la population dans ces provinces donne une fausse illusion d’une dotation plus importante en personnels de santé.