Par Nathalie Rassem

Nathalie Rassem : Bonjour Docteur. Le choléra sévit de nouveau au Tchad. Comment cette maladie se manifeste-t-elle ?

Dr Mahamat Nour Bigna : Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par une bactérie appelée Vibrio cholerae. Son principal symptôme est une diarrhée aiguë, abondante et très liquide. Elle peut également être accompagnée de vomissements.

Le principal danger vient de la perte importante et rapide de liquides et de sels minéraux. Cette situation peut entraîner une déshydratation sévère, qui peut rapidement mettre la vie du malade en danger.

 

NR : Quels sont les principaux risques du choléra pour la santé de la population ?

MNB : Lorsque l’organisme perd rapidement une grande quantité d’eau et de sels minéraux, la déshydratation peut devenir sévère. Dans les formes les plus graves, elle peut entraîner des complications, notamment une insuffisance rénale, et mettre la vie du malade en danger.   C’est pourquoi il ne faut pas attendre que l’état du patient se détériore avant de rechercher une prise en charge médicale. Une consultation précoce est essentielle, car le choléra peut évoluer rapidement.

NR : Certaines personnes sont-elles plus exposées aux formes graves ?

MNB : Le choléra peut toucher tout le monde. Cependant, certaines personnes sont particulièrement vulnérables, notamment les enfants, les femmes enceintes et les personnes vivant avec certaines pathologies chroniques ou dont l’état général est fragilisé.  Les populations vivant dans des conditions précaires, notamment celles qui ont un accès limité à l’eau potable et à l’assainissement, sont également davantage exposées au risque de contamination.

NR : Comment le choléra se transmet-il ?

MNB : La transmission est principalement liée à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés par la bactérie. Lorsque les conditions d’hygiène et d’assainissement sont insuffisantes, le risque de transmission augmente.

 

NR : Quels sont alors les principaux gestes à adopter pour se protéger et contribuer à freiner la propagation de la maladie ?

MNB : Les mesures de prévention sont relativement simples. Il faut d’abord se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, notamment après être allé aux toilettes et avant de préparer ou de consommer des aliments.Il faut également veiller à l’hygiène alimentaire : bien laver les aliments, bien les cuire et, dans la mesure du possible, les consommer chauds. Il est aussi essentiel de boire uniquement de l’eau potable. Lorsque la qualité de l’eau est incertaine, elle doit être traitée ou bouillie avant d’être consommée.

 

NR : La vaccination fait-elle également partie des moyens de prévention ?

MNB : Oui. La vaccination orale contre le choléra fait partie des moyens de lutte contre la maladie. Elle peut être utilisée dans les zones à risque, en complément des mesures d’hygiène, d’assainissement et d’accès à l’eau potable.

La vaccination ne doit toutefois pas remplacer les gestes de prévention au quotidien.

NR : Quel message souhaitez-vous adresser à la population face à cette épidémie ?

MNB : Le message principal est de ne pas banaliser une diarrhée aiguë et abondante. En cas de symptômes suspects, il faut consulter rapidement dans une structure de santé. La prévention repose sur des gestes simples : se laver les mains avec de l’eau propre et du savon, boire de l’eau potable ou traitée, bien cuire les aliments et maintenir une bonne hygiène du milieu de vie.

Face à cette épidémie, la rapidité de la prise en charge et le respect des mesures de prévention peuvent contribuer à sauver des vies et à limiter la propagation du choléra.