Fièvre, courbatures, vomissements ou douleurs abdominales peuvent être associés au paludisme. Mais ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de confirmer la maladie.

« En cette période de forte transmission, nous enregistrons un taux de positivité d’environ 50 % », indique le Dr Mahamat Saleh Issakha Diar, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme.

Pour lui, même en présence de symptômes évocateurs, le recours au test reste indispensable : « La fièvre, les courbatures, les vomissements ou les douleurs abdominales peuvent être des signes du paludisme, mais ils ne suffisent pas à poser le diagnostic. C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de confirmer la maladie par un test. »

Les injections réservées aux formes graves

Autre confusion fréquente, le recours systématique aux injections pour traiter le paludisme. Selon le responsable du programme, elles ne sont pas nécessaires dans la majorité des cas.

« Je rappelle également que les injections sont réservées aux formes graves », précise le Dr Mahamat Saleh Issakha Diar. Pour les formes simples, un traitement par comprimés est généralement suffisant, à condition d’être correctement suivi jusqu’à son terme.

Le vaccin existe, mais reste encore peu connu

« Le Tchad a introduit le vaccin contre le paludisme en octobre 2024. Il est disponible, mais reste encore peu connu de la population », souligne le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme.

Le dépistage et le traitement du paludisme sont par ailleurs gratuits dans les centres de santé publics, confessionnels et communautaires. Certains frais annexes peuvent toutefois rester à la charge des patients.

Deux méthodes pour dépister la maladie

Reste une question : un test de dépistage peut-il se tromper ? Dans certaines situations, des faux positifs et des faux négatifs peuvent effectivement survenir.

Abdel Aziz Mahamat, technicien supérieur de laboratoire, explique que deux méthodes sont principalement utilisées pour diagnostiquer le paludisme, le test de diagnostic rapide, ou TDR, et l’examen microscopique.

Le TDR permet d’obtenir un résultat en quelques minutes. L’examen microscopique demande davantage de temps, puisqu’il nécessite la préparation et la coloration d’un échantillon sanguin avant son observation au microscope.

« Cette dernière méthode est la plus fiable, car elle permet de visualiser directement le parasite du paludisme et d’évaluer sa présence dans le sang », explique le technicien.

Les TDR peuvent, eux, dans certaines situations, donner des résultats faussement positifs ou faussement négatifs. D’où l’importance d’une réalisation correcte du test et, lorsque cela est nécessaire, de recourir à l’examen microscopique.