Gisele Othomi

Pas de répit pour Adam. Quelques jours après son sacre dans la capitale camerounaise, le jeune tchadien est de retour à N’djamena, et a renoué avec les entraînements.

Cet après-midi, il a rendez-vous avec les membres de son club au Campus de l’Institut National de la Jeunesse des sports, l’enceinte qui l’a préparé à remporter le sacre continental.

Au petit trot, sac de sport rouge à la main, il fait son entrée dans l’espace où l’attendent déjà ses camarades. Juste le temps d’enrober des bandages autour de ses poignets, le jeune champion peut commencer ses entraînements.

 Comme à chaque séance, les échauffements donnent le ton. Quelques minutes plus tard, les boxeurs montent sur un ring surélevé d’environ un mètre. Il s’agit ici, d’une installation de fortune sous un hangar à l’air libre, un plancher métallique sans véritable protection, recouvert d’une bâche bleue ciel, et entouré par des cordes ordinaires. 

Cette aire d’entraînement, non homologuée, sert pourtant de terrain d’exercice quotidien aux pugilistes. 

Mais ce sont des conditions difficiles auxquelles le jeune boxeur tchadien est habitué depuis ses débuts en 2013, et qui l’ont amené au sacre continental à Yaoundé.

Une victoire au championnat d’Afrique de kick-boxing 2026 qui s’ajoute à plusieurs médailles et ceintures arrachées lors du championnat du Gala de boxe arabe ainsi qu’au championnat international IKC, dans la catégorie des moins de 70 kg, de la Fight Night Series.

Des victoires derrière lesquelles se cachent également des sacrifices quotidiens et des moments de doute. « Quelquefois, c’est difficile. On veut participer à des compétitions, mais on n’a pas les moyens pour voyager. Regardez vous-même comment on s’entraîne. Ici, ce n’est pas une salle de boxe. On est à l’INJS. On est en quelque sorte comme des squatteurs. On le fait juste avec le cœur et c’est parce qu’on est passionné », se désole -t-il.

Mais il ne lâche rien. Ses séances d’entraînements sont devenues aujourd’hui, une occasion pour le champion de transmettre son savoir aux plus jeunes. «  Ne fuyez pas le centre du ring» instruit-il à ses collègues d’entraînement en plein exercice, avant de partager une expérience personnelle. « Pendant mes combats, c’est mon instinct qui travaille. Quand je suis en difficulté, le corps travaille tout seul » lance-t-il.

Adam Sindigué Baglong alias le Baroudeur doit ses performances lors du championnat de Yaoundé à sa persévérance, sa discipline et sa détermination.  « J’ai commencé à boxer au Gabon. J’ai participé à des compétitions là-bas que j’ai remportées. Je suis arrivé au Tchad en 2019 et j’adhère au club Ndjam Power.  J’ai commencé à faire mes premiers combats en boxe anglaise. Sans toutefois abandonner le kickboxing et le full-contact ».

Le rêve d’aller plus loin 

Le Baroudeur nourrit une ambition, celle de représenter un jour le Tchad sur les rings les plus prestigieux du monde. « C’est une première pour le Tchad d’avoir son champion d’Afrique de kick-boxing. Ca me fait très chaud au cœur d’être celui-là qui a réalisé cet exploit. Pour moi, ce n’est pas une finalité mais plutôt une étape dans ma progression parce que je n’ai pas l’intention de m’arrêter là. Je compte bien aller encore plus loin, et pourquoi pas être un jour champion du monde », fait-il savoir.

Et lorsqu’il évoque le combat le plus difficile de sa carrière, il pense immédiatement à sa dernière compétition. « Ma finale du championnat d’Afrique, je l’ai trouvée particulièrement difficile, parce que j’ai eu à vivre quelque chose que je n’avais jamais vécu par le passé sur le ring », confie-t-il.

Depuis 13 ans, Sindigué Baglong Adam consacre sa vie aux sports de combat. Mais avant de s’imposer en kick-boxing, il s’est illustré dans plusieurs disciplines, notamment la boxe arabe, la boxe anglaise et le full-contact. En 16 championnats et tournois disputés, il affiche un impressionnant bilan de 15 victoires.