Florent Ganonta Pahimi

L’histoire retiendra que Lamine Mahamat a été la toute première personnalité tchadienne à avoir occupé le poste de vice-premier ministre. Le poste est nouveau et suscite la curiosité.

Si la Constitution du 8 octobre 2025 n’est pas explicite sur les missions du vice-premier ministre au sein du gouvernement, la commission chargée d’étudier cette constitution avait trouvé la proposition de création “pertinente”.

En ce sens qu’il “assistera le premier ministre dans la gestion quotidienne des affaires du gouvernement, permettant de mieux répartir les tâches et améliorer l’efficacité administrative. Il sera d’un appui important dans la coordination entre les différents ministères et institutions, surtout sur les projets transversaux ou nationaux qui nécessitent une approche collaborative”, souligne ce rapport consulté par le Studio Hirondelle Tchad. 

Juriste de formation, Limane Mahamat, qui va cumuler le poste de vice-premier ministre avec celui de ministre de l’Administration du territoire (qu’il occupait jusque-là), connaît la haute administration.

Il a été ministre de la Justice, ministre de l’Enseignement supérieur, secrétaire général du gouvernement et rapporteur général de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).   

Mais, c’est pendant la transition qu’il s’est le plus illustré. Nommé conseiller spécial à la présidence de la République en 2021, il a joué le rôle de rapporteur général du Comité d’organisation du Dialogue National Inclusif (CODNI).

Selon les analystes, il a été la cheville ouvrière du pré-dialogue de Doha où il a participé activement aux discussions avec les groupes politico-militaires, contribuant ainsi à poser les bases d’un apaisement entre les voix dissidentes.

À l’issue du dialogue, il est nommé à la tête du ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la bonne gouvernance en 2022.