Foka Mapagne

A quelques jours de la célébration de la Journée Mondiale de la radio, l’Union des Radios Privées du Tchad a réuni ses membres pour réfléchir sur les conditions difficiles que les radios privées traversent.

Parmi les difficultés, les membres de l’URPT évoquent des charges salariales et énergétiques qui pèsent lourdement sur les structures, poussant certaines d’entre elles à suspendre leurs activités.

Les congressistes ont au cours de ces assises également débattu de la viabilité économique des radios privées, confrontées à une baisse continue des recettes publicitaires, à une hausse des coûts de fonctionnement et à un accès limité aux équipements modernes.

Ces difficultés structurelles fragilisent les radios privés pourtant essentielles à l’information et au débat public.

À l’issue des échanges, l’URPT a adressé au gouvernement, une série de recommandations ont ainsi qu’à leurs partenaires techniques et financiers, appelés à renforcer leur soutien au secteur.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de consolider la solidarité entre radios membres de l’URPT et d’améliorer l’accès aux sources d’informations officielles afin de lutter contre la désinformation.

Nouveau bureau directeur

Pour porter à bien ces nouveaux combats, l’URPT s’est doté d’une nouvelle équipe dirigeante, pilotée par Anges Allahissem, Coordonateur des programmes de FM Liberté à N’Djamena, élu nouveau président pour un mandat de trois ans renouvelables.

À la tête d’un bureau exécutif de neuf membres, le nouveau responsable se dit conscient des défis à relever et plaide pour une réforme du modèle économique des radios tchadiennes.

« Nos radios manquent parfois de contenus attractifs. Nous devons adapter nos programmes aux attentes réelles de nos auditeurs et aux besoins de nos localités », a-t-il déclaré, appelant à la mutualisation des moyens et à une meilleure professionnalisation de la gestion.

Le nouveau président de l’URPT a également mis en avant l’enjeu de l’autonomie énergétique, crucial pour des stations souvent dépendantes de générateurs coûteux.

L’Union se dit prête à poursuivre ses efforts pour accompagner ses membres vers des solutions plus durables et économiques. Dans un contexte marqué par l’essor des réseaux sociaux, la numérisation des contenus radiophoniques, explique Ange Allahissem, figure parmi les priorités de l’URPT.

Le développement du streaming, la diffusion en ligne et la diversification des sources de revenus sont autant de pistes envisagées pour compenser la baisse des recettes traditionnelles.

Cohésion sociale

Par ailleurs, face aux tensions communautaires qui traversent le pays, les radios ont promis de jouer pleinement un rôle de vecteurs de paix et de cohésion sociale. « Nos radios doivent veiller à la qualité des informations diffusées et promouvoir le vivre-ensemble et la paix », a insisté Ange Allahissem.

Malgré ces défis, la radio demeure le média le plus accessible et le plus écouté au Tchad, notamment en zones rurales.

Elle reste aussi l’un des secteurs médiatiques les plus vulnérables, en proie à des difficultés telles que le manque de formation du personnel, des salaires irréguliers, des équipements obsolètes et des coûts élevés liés au carburant.

La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a récemment alerté sur la situation préoccupante du secteur. En mai 2025, elle a mis en demeure treize radios autorisées mais toujours non opérationnelles.

En 2024, plus d’une dizaine de stations, parmi lesquelles Harmonie FM, Radio Souk, 235 FM et Nada+, La Voix de la Femme Rurale, ont perdu leurs fréquences pour cessation d’activité prolongée, causée par des difficultés financières.