Parfait Ndo-dangsou
C’est au fond d’une vaste cour que Rahama Hissein s’affaire au milieu de détritus. Un tas de déchets animaux, mais aussi des restes de denrées alimentaires constituent la matière première de sa petite unité de fabrication de gaz.
Sans gants ni équipement de protection, le jeune homme n’hésite pas à mettre la main dans les déchets en décomposition pour remplir deux grands fûts en plastique qu’il appelle digesteur.
L’installation est rudimentaire mais pensée pour un contexte où l’accès au gaz domestique reste difficile. « Des gens ont les fermes agricoles, mais n’ont pas des paques solaires, ils n’ont pas les moyens pour tirer l’eau à partir des puits. Avec la pénurie d’essence, ils ont modifié les générateurs pour le faire tourner au gaz » informe l’autodidacte, fière de voir ses premiers essais porter des fruits.
Du matériel de plomberie, deux futs en plastique, un bidon de 25 litres, une chambre a aire et du déchet agricole et ou animaux. Le temps s’occupe de la fermentation et après 30 jours, le trentenaire peut ouvrir la vanne pour obtenir du gaz.
Expérience concluante, après un apprentissage sur internet « J’étais en train de regarder un site internet, j’ai contacté les gens par mail mais ils ne m’ont pas répondu. Après, je voyais leurs réalisations. Je suis en suite tombé sur nos frères Africains. Mali, Bénin et Côte d’Ivoire. Celui de Bénin, il m’a beaucoup aidé » se souvient-il.
Le biogaz n’est pas le seul résultat de cette transformation. Les résidus issus de la fermentation sont utilisés comme fertilisants naturels pour les champs.
Malgré son potentiel, l’initiative fait face à un manque d’accompagnement technique et financier, freinant son développement à grande échelle. « Les prochaines années, nous souhaitons fabriquer de gigantesques installations de biogaz. Si on a trouvé les moyens… c’est seulement ainsi que les populations auront du gaz ici à Mongo » projette-t-il.
Des défis qui ne l’empêchent pas de partager son savoir. Au-delà du biogaz, le centre Al-Nadja forme des jeunes à divers métiers techniques.
Rahama Hissein Gaara ambitionne ainsi de fournir une énergie domestique alternative au Guéra tout en favorisant l’autonomisation des jeunes
