Sur les 17 boulangeries inspectées, une seule respecte les normes sanitaires. Le pain, pourtant très courant dans les habitudes alimentaires des Ndjaménois, serait en grande majorité impropre à la consommation selon ce rapport. Les analyses microbiologiques ont révélé la présence de coliformes fécaux, signe d’un non-respect des règles d’hygiène tout au long de la chaîne de production.

Concernant l’eau en bouteille, le CECOQDA note une amélioration comparativement aux inspections précédentes. Mais un problème persiste, c’est que 11 % des échantillons testés contiennent encore des micro-organismes dangereux, tels que l’Escherichia coli et Pseudomonas. Ces contaminations sont attribuées à des systèmes de traitement insuffisants ou mal entretenus.

Risques sanitaires

D’après les recherches, Escherichia coli désigne une bactérie et sert souvent d’indicateur de contamination fécale dans l’eau ou les aliments. Ce micro-organisme peut provoquer des infections urinaires, les gastro-entérites, les méningites néonatales, et le sepsis.

Le Pseudomonas désigne aussi une bactérie présente dans l’eau, le sol, les surfaces hospitalières. Il peut causer les infections pulmonaires et urinaires, les Infections des plaies et brûlures.

L’huile artisanale communément appelée « huile Andoria » est aussi estimée dangereuse. Le rapport souligne, qu’aucun des échantillons analysés ne respecte les normes d’hygiène alimentaire et que ces échantillons ont révélé la présence de mycotoxines, qui sont des sortes de champignons dangereux pour l’organisme.

Concernant la viande, un aliment encore plus courant, les inspections dans les boucheries et points de grillade révèlent un manque total de garantie sanitaire. Les ustensiles sont rarement désinfectés, les surfaces restent souillées par des résidus de carbonisation et les couteaux ainsi que les platines sont mal entretenus. Certains emballages utilisés entrent en contact avec des résidus de ciment, exposant les consommateurs à des substances métalliques et toxiques.

Que fera le gouvernement qui détient désormais le rapport ?

Les travaux ayant d’inspection ayant conduit à ce rapport ont été menés du 23 juin au 03 juillet 2025 à N’Djamena. Les conclusions ont été rendus publics mi-août. Au jour d’aujourd’hui, les entités accablées ne sont pas connues.

Une source proche du dossier indique que le rapport contient des noms d’entreprises, et qu’il est entre les mains du gouvernement. Le CECOQDA dit miser sur la sensibilisation continue des opérateurs à l’importance du respect des normes d’hygiène et de fabrication et sur l’amélioration des dispositifs de traçabilité pour garantir la sécurité des produits.

L’inspection qui a conduit à l’élaboration de ce rapport est une initiative multisectorielle qui a associé la Police Sanitaire et des Inspecteurs du Ministère du Commerce. Une dizaine de produits ont été prélevés et analysés, notamment : la viande grillée, l’huile « Andouria », le pain, le maïs, le blé, le riz, le sésame, l’eau en bouteilles et forage, ainsi que diverses boissons.

Le rapport souligne plusieurs constats majeurs notamment, des insuffisances dans les conditions de stockage des matières premières, une mauvaise gestion des déchets dans de nombreuses unités de transformation, des faiblesses dans le maintien de l’environnement de conservation des produits.

Il ressort aussi du rapport que certains établissements ne respectent pas les conditions d’hygiène et n’ont reçu aucune formation sur les principes de la propreté.

Parfait Ndo-Dangsou