Khadidja Douga

Il est 15 heures sur le terrain de basketball du lycée Sacré-Cœur. Sous un soleil encore accablant, une cinquantaine de jeunes est en pleine série d’échauffements.

Chez les plus jeunes, c’est Doris, 15 ans, qui mène la séance sous les encouragements de son coach. La jeune fille, qui rêve un jour de faire carrière dans l’aéronautique, trouve grâce au centre, le moyen de vivre pleinement sa passion pour le basketball.

« Depuis que je suis ici mon niveau s’est amélioré et je m’amuse aussi beaucoup, même quand on fait des erreurs, les coachs ne nous grondent pas. Ils nous poussent à faire de notre mieux », confie-t-elle avec le sourire.

Ici, les élèves ont tous entre 12 et 17 ans et l’éducation scolaire reste la priorité.

« Chaque coach nous le répète : il ne faut jamais négliger l’école. Si le basketball ne fonctionne pas, il faut avoir un plan B pour s’en sortir plus tard dans la vie », explique un autre élève.

À l’autre bout du terrain, l’équipe ‘’Alpha’’ est en pleine session de tirs. Le niveau est plus élevé et les attentes aussi, à quelques semaines du championnat junior organisé par la ligue tchadienne de basketball.

Parmi les jeunes joueurs, Youssouf, 15 ans seulement, mais déjà deux mètres de haut, se démarque par son talent et ses ambitions.

« Je veux devenir joueur à la NBA, le sport c’est ma priorité.  Mais on sait aussi que les blessures existent alors je me donne aussi à l’école car c’est ma sécurité pour l’avenir » explique-t-il.

Un avenir entre sport et études

Aujourd’hui, le centre ambitionne de devenir un véritable campus sport-études, un lieu où les jeunes pourraient vivre, s’entraîner, étudier, et se former à des métiers liés au sport.

« Notre rêve ultime serait qu’un jeune issu de Dream comes true intègre la NBA. Ce serait l’apothéose. Mais on veut aussi former des encadreurs, des coachs, des techniciens…toutes les professions autour du sport. » Ambitionne Issa Nakoye, un des fondateurs du centre.

« À la fin de notre carrière, on voulait créer un cadre où les jeunes pourraient apprendre le basket correctement. En cinq ans, on a formé plus de 300 jeunes, rénové un terrain vétuste, et envoyé des joueurs et entraîneurs à des stages à l’étranger », raconte-t-il avec fierté.

Un sport en plein essor en dépit des difficultés

Le basketball connaît un regain d’intérêt, selon Younous Ahmed, directeur technique de la fédération tchadienne de basketball, « le nombre d’équipes engagées en ligue est passé de six à onze en peu de temps, permettant l’organisation d’un championnat en phase aller avec plus de cent matchs disputés. »

Si l’essor est visible, des faiblesses subsistent, notamment dans les ligues de province, encore peu animées. « L’engouement existe, mais il faut plus d’organisation sur le terrain il faut former les acteurs du basket et créer un circuit de compétition plus régulier », ajoute-t-il.

Il appelle aussi à créer de meilleures conditions d’encadrement pour les jeunes talents tchadiens qui évoluent à l’étranger pour qu’ils restent connectés au pays et disponibles pour l’équipe nationale.